Lorsque l'impur n'est plus...

"N'oubliez pas que la pudeur sert d'armature contre l'oeil de l'impur.

Et lorsque l'impur n'est plus, que devient la pudeur sinon un carcan pour le corps et une souillure pour l'esprit ?

Et n'oubliez pas non plus que la terre rêve de toucher la plante de vos pieds et que les vents languissent de caresser le velours de votre corps et de jouer avec votre chevelure".

 

Khalil Gibran, "Le Prophète"

 

"Ce n'est pas le corps qui est indécent, c'est le regard qu'on pose sur lui".

 

Nadine Monfils, "Le bal du Diable"

Les rêveries d'un photographe solitaire.

Adepte de Jean-Jacques Rousseau, de Voltaire, des écrivains et des peintres du Siècle des Lumières, je suis un photographe amateur un peu inquiet du retour actuel à certaines formes de censure, qui voudraient se présenter aujourd'hui comme les remparts du respect de toutes les sensibilités. Facebook et Instagram en sont des exemples quotidiens.


Elles me semblent être davantage les prémisses d'un retour à une morale collective normalisée en matière d'art et de littérature obtenu sous la pression de discours parfois fondés (lutte contre toutes formes de harcèlement et protection des mineurs, par exemple) mais souvent contradictoires (promotion de la liberté individuelle mais aussi enfermements dans des doctrines philosophiques ou religieuses pudibondes).


L'interdiction par Facebook de la mise en ligne de L'origine du Monde de Courbet au nom de l'accès de tous les publics à ce réseau social, puis la plainte déposée et, finalement, l'annulation de cette censure, montre à quel point la question de l'image de la nudité fait débat dans nos sociétés mondialisées.

Vraie protection du public, ou campagne obscurantiste ? Les sculpteurs et peintres gréco-romains et de la Renaissance doivent aujourd'hui se retourner dans leurs tombes...


Qui oserait dire encore, en photographie comme dans les autres domaines de l'activité artistique et littéraire, qu'il y a un sens de l'Histoire ?

 

A l'oeil nu.